Qu’est-ce que l’Escalade ?

L'Escalade en bref - résumé des événements

C’est dans la nuit du 11 au 12 décembre 1602 qu’a eu lieu l’Escalade, une attaque des troupes du Duc de Savoie, Charles-Emmanuel Ier contre Genève. Le projet des Savoyards est de prendre par surprise la ville, en escaladant les fortifications du côté de la Corraterie et de la Porte Neuve.

Depuis le printemps 1601 déjà, Charles-Emmanuel, secondé par le seigneur d’Albigny, prépare son projet d’attaque contre Genève. Leur plan prévoit de dresser des échelles contre le mur longeant la Corraterie. Puis de faire monter des troupes d’élite afin qu’elles ouvrent les portes de l’enceinte intérieure de la ville (Portes de la Monnaie, de la Tertasse, de la Treille) et qu’elles fassent sauter la Porte Neuve depuis l’intérieur de la ville pour laisser entrer le gros des troupes qui se trouve à Plainpalais.

Dans la nuit, les troupes savoyardes se mettent en marche à Étrembières. Les premiers, (environ trois cents hommes) parvenant au bord de la courtine de la Corraterie font partie de l’élite de la troupe. Ils posent des claies et des fascines dans les fossés pour les combler et dressent trois échelles contre le rempart haut de huit mètres environ. Au pied des échelles, d’Albigny encourage les hommes et un jésuite écossais, le père Alexandre Hume, leur remet des charmes, des formules magiques inscrites sur des petits papiers pour les préserver de la mort par le fer, l’eau ou le feu.

image plan attaque
image representation de geneve

Alors que les premiers soldats pénètrent l’enceinte, d’Albigny fait déjà prévenir le Duc de l’« heureux commencement de l’affaire ».

Pourtant, vers deux heures et demie du matin, la sentinelle de la tour de la Monnaie entend du bruit et envoie un soldat, François Bousezel, pour voir ce qui se passe. Il parvient à tirer un coup d’arquebuse pour donner l’alarme juste avant d’être tué.

François de Brunaulieu, qui mène les troupes savoyardes, un des premiers à grimper les échelles, divise la troupe en plusieurs groupes qui se dirigent vers les portes de la ville. Un des groupes doit se rendre à la Porte Neuve pour l’ouvrir en la faisant sauter à l’aide d’un pétard.

Trois autres groupes se dirigent vers les Portes de la Treille, de la Tertasse et de la Monnaie pour empêcher les Genevois de les fermer.

Isaac Mercier parvient à couper la corde retenant la herse de la Porte Neuve. Celle-ci tombe et s’abat sur le pétard du soldat savoyard Picot. Désormais, il n’est plus possible de détruire la porte pour l’ouvrir au gros des troupes.

Ces premiers événements ont réveillé la plupart des Genevois. À la Treille, ils parviennent à sortir des mantelets de l’Arsenal et les entreposent sur la plate-forme de la Maison de Ville. Un combat s’engage à la Porte de la Tertasse. L’ancien syndic, Jean Canal, est tué.

À la Porte de la Monnaie, près du Rhône, Catherine Cheynel, femme de Pierre Royaume, lance un pot sur un assaillant et le tue.

Sur la Corraterie, les Savoyards tentent d’entrer dans les maisons qui forment l’enceinte intérieure de la ville – entre la Corraterie et la rue de la Cité – en brisant les portes. Là aussi, leur tentative est vaine. Madame Piaget lance la clef de sa porte aux Genevois se trouvant du côté de la Cité, ce qui leur permet de passer du côté de la Corraterie et de repousser les Savoyards le long de la courtine de la Corraterie. Plusieurs assaillants, pour sauver leur vie, se précipitent sur les échelles ou sautent du parapet dans le fossé.

À la Porte Neuve, des Genevois se glissent jusqu’au bastion de l’Oie où ils chargent un canon avec des clous et des chaînes. Le coup de canon part en direction des échelles et les rompt.

Les premiers rapports faisant état de « victoire », le gros de l’armée demeuré à Plainpalais, croit que ce coup de canon est le bruit du pétard faisant sauter la Porte Neuve. Il se dirige rapidement vers l’entrée de la porte qu’il trouve fermée et le pont-levis relevé. Les soldats sont même surpris par le feu de projectiles lancés dorénavant par le canon mis en action sur la plate-forme proche de la Maison de Ville.

L’armée savoyarde est repoussée et fuit. Une histoire raconte que lorsque le Duc apprend la nouvelle de la défaite il aurait dit à d’Albigny: « Vous avez fait là une belle cacade! ».

porte de neuve 1850
escalade jauslin 1864
image de Charles Emmanuel Ier de Savoie

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Un siècle de Réformes : 1519-1619

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La Compagnie de 1602 commémore chaque année l’anniversaire de la bataille de l’Escalade, qui a eu lieu dans la nuit du 11 au 12 décembre de l’an 1602. Il s’agit d’une tentative échouée du duc Charles-Emmanuel Ier de prendre Genève par surprise en escaladant son enceinte.

Elle recrée ainsi, durant trois jours, des scènes de la vie quotidienne genevoise à l’aube du XVIIe siècle.

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