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Lors de la nuit du 12 décembre de 1602, au coeur de la bataille que livra Genève pour sa liberté, bien  des citoyens sont devenus, de par leur courage et au prix de leur vie, sont devenus de véritables héros. Entrés dans l'histoire, ces personnages célèbres représentent encore aujourd'hui des figures emblématiques de notre passé, ceux que Genève n'oubliera jamais.

Une tradition solide subsiste : celle d'écouter debout les dix huit noms des hommes qui sont tombés en défendant Genève lors de la nuit de l'Escalade.

Qui donc étaient ces 18 victimes ?



Jean Canal

Jean Canal

D'une famille Canal, dite Canard, venue de Collonges-sous-Salève, Jean Canal était petit-fils, par sa mère, de l'ancien syndic Jean Balard, qui nous a laissé un journal bien fait des événements qui ont précédé et suivi la Réformation à Genève.

Pénétrons dans la boutique de Jean Canal. Des épices, des drogues, du papier aussi. Beaucoup de clients, les affaires marchent bien, mais le patron n'est pas souvent derrière son comptoir. Il siège au Conseil des deux Cents et au Petit-Conseil, il est contrôleur des bâtiments.

On le dit âpre au gain, il avait aussi le verbe haut. Le bourreau Tabazan en fit la triste expérience, lorsque Canal s'opposa avec vigueur à une amélioration de sa situation.

Mais vous savez ce qui se passe lorsqu'un commerçant remet à d'autres le soin de faire marcher son affaire. Bientôt Jean Canal s'enfonça dans les dettes.

Nommé juge du Pays de Gex, il commit quelques excès et fut sévèrement réprimandé. Il ne parvenait pas à redresser sa situation. A tel point qu'il fut emprisonné. C'est tout juste s'il obtint l'autorisation d'aller, escorté de deux huissiers, rendre visite à sa femme malade.

La fougue de son caractère s'exerça une dernière fois la nuit du 11 au 12 décembre. A 60 ans (d'autres disent 63 ans), il fut l'un des premiers à tomber sous les coups de l'ennemi, près de la Porte Neuve.

 


Jean Vandel

Jean Vandel

Né en 1542, d'une famille venue de Septmoncel, dans le Jura, Jean Vandel était chargé de percevoir les dîmes en ville, à Annemasse et à Vandoeuvres. Ces dîmes étaient prélevées sur les récoltes, principalement sur le grain. Mais en ces années de guerre, c'était difficile, et Jean avait de la peine à rendre ses comptes. A tel point qu'il fut mis aux arrêts en 1575.

Il venait d'épouser, lorsqu'il fut "coffré", Jeanne Voisine, fille d'un membre du CC. Elle lui avait apporté en dot quelques biens : une terre à Corsier, une vigne près de Saint-Antoine. Et elle lui donna 12 enfants. Jean Vandel était affligé d'un détestable caractère. Brutal, emporté, il fut puni pour outrages de faits et de paroles, puis mis en prison pour s'être querellé un dimanche avec un Provençal avec qui il jouait à la bague. On l'accusa aussi d'avoir frappé un paysan de Chalex d'un coup de hallebarde alors qu'il était capitaine des gardes de Cornavin.

En 1589, il flanque une paire de gifles à l'auditeur Abraham Aubert. Retour en prison, parce qu'il refuse de s'excuser.

Et malgré tout cela, on le nomma... directeur de la prison. Les prisonniers se plaignirent, car il les brutalisait et les nourrissait trop mal. Vandel fut mis à l'amende et ne fut pas renommé à ce poste. Ce qui ne l'empêcha pas de faire bravement son devoir à l'Escalade. Et d'offrir lui aussi sa vie, à l'âge de 61 ans.

 


Louis Bandière

louis bandiere

Cet ancien bourgeois de Genève était principalement marchand d'étoffes, occasionnellement de fromage. II possédait une boutique à l'enseigne du Mouton, à Coutance. Et il participait activement à la direction de la Ville, en siégeant.

Il épousa Madeleine Maillet, fille d'un conseiller, procureur et receveur des deniers de l'Hôpital. La situation financière du couple était assez mauvaise. Il y eut une saisie de la maison et des meubles.

Il y eut même une sorte de bannissement : on le jugea indésirable dans la cité et il dut chercher un logement à l'extérieur. Lorsqu'il voulait revenir en ville, il devait demander un sauf-conduit.

Louis Bandière, âgé de 45 ans, fut tué sous l'horloge de la Monnaie, à peu près où se trouve actuellement la fontaine de l'Escalade, au bas de la rue de la Cité. Sa femme, la pauvre Madeleine, mit au monde une fille dix jours plus tard. C'était leur cinquième enfant.

 


Nicolas Bogueret

Nicolas Bogueret

C'est peut-être le mieux connu des héros de l'Escalade. Maçon-architecte, il s'établit à Genève vers 1568, et conquiert tout de suite une haute position. Il est en tête des maçons, reçoit un salaire élevé, un logement gratuit et il est admis à la bourgeoisie sans sortir un sou.

Mais cela ne lui suffit pas. Il réclame sans cesse de l'argent. On lui en donne parce qu'il est utile. Il crée le bastion autour de l'Ile des Barques (l'Ile Rousseau), les portes et murailles à Cornavin et Chantepoulet, la célèbre rampe de l'Hôtel-de-Ville. On le "prête" à Morges, à Chambéry, à Yverdon, pour diriger des travaux.

Il continue à réclamer de l'argent et écrit modestement de lui-même "qu'il est excellent en son état et qu'on a bien besoin de lui". La nuit de l'Escalade, il sort en trombe de sa maison de la Cour Saint-Pierre, arquebuse au poing, franchit la porte de la Treille. Pour la dernière fois.

 


Pierre Cabriol

Pierre Cabriol

Vous désirez de l'huile d'olive, des raisins, du mastic rouge, de la colophane, de la poix noire, de la cire vierge, des câpres de Gênes, des olives espagnoles, des oranges ou des citrons : vous trouverez tout cela à la boutique de Pierre Cabriol, entre la place Notre-Dame (près de la place Bel-Air) et la Fusterie.

Cet apothicaire, épicier et confiseur, avait poussé le sens du commerce jusqu'aux limites de l'usure. Il achète et vend tout ce qui lui tombe sous la main : terrains à Plainpalais, récoltes sur pied, vignes à Champel, domaine à Lancy.

II avait eu une enfance difficile. Sa famille était venue du Piémont : 8 enfants. La mère meurt alors qu'ils sont petits, le père se remarie et meurt à son tour. La belle-mère, courageusement, élève tous les gamins. Ce départ dur explique peut-être un caractère âpre au gain.

Pierre Cabriol, sergent dans notre petite armée, avait épousé Marie Trolliet, de Rolle, qui lui donna cinq enfants. Il avait 36 ans lorsqu'il fut tué à la Corraterie, la nuit de l'Escalade.

 


Michel Monard

Michel Monard

Un gentil tailleur, Pierre Monard, qui vivait dans une modeste aisance avec sa femme Andrée Voisin et ses dix enfants. Quelques années avant l'Escalade, il dut répondre d'un crime grave : il avait joué aux cartes au Lion d'Or avec quelques amis, dont Pierre Cabriol. Pas pour de l'argent, mais pour les consommations.

Caporal, il saisit ses armes dès que l'alarme fut donnée dans la célèbre nuit  et fut tué près de la Corraterie. Il avait tout juste 40 ans.

 


Jean Guignet

Jean Guignet

Travailleur et économe, Jean Guignet était un bon cordonnier venu de Gex. Il avait épousé Nicolarde Favre, de Jussy, qui mourut en 1594 "étant en travail d'enfant et l'enfant n'ayant pu être tirée vive".

Guignet se remaria avec Jeanne Combet, de Peillonnex, moins de trois mois après, mais demeura sans postérité. Avant l'Escalade, il venait d'acheter un immeuble à la Grand-Rue (actuel no 21). Il avait 55 ans lorsqu'il fut tué à la Tertasse.

 


Marc Cambiague

Marc Cambaigue

Le père de Marc Cambiague était venu d'Italie, de Crémone, et avait acheté la bourgeoisie en 1559. Sa femme, Laure, lui donna 14 enfants en vingt ans. C'était une famille aisée, vivant largement du commerce de la soie. Elle possédait une vigne à Champel, des terres à Troinex, à Bossey et une belle maison rue de la Cité.

Quant à Marc, son jeune visage demeurera toujours mystérieux. Il avait 25 ans et n'avait jamais fait parler de lui, lorsqu'il fut tué la nuit de l'Escalade près de la Porte Neuve.

 


Daniel Humbert

Daniel Humbert

Ce jeune marchand drapier habitait entre le Molard et la Fusterie, côté Rôtisserie. Sa mère était une Picot. Il fut tué à la Corraterie et n'avait que 22 ans disent les uns, 24 ans disent les autres.

 


Louis Gallatin

Louis Gallatin

Un honnête et modeste petit commerçant dont nous ne savons presque rien. Il avait 28 ans lorsqu'il fut tué à la Monnaie. Sa famille était originaire d'Arlod près de Bellegarde, et Louis tenait une épicerie avec ses frères Aimé et Marin

 


Abraham de Baptista

Abraham de Baptista

Un visage estompé. Abraham travaillait chez Julien Piaget, riche négociant en soie. Il se trouvait chez son maître lorsque l'alarme fut donnée et défendit la maison que l'ennemi voulait traverser pour entrer en ville. Il mourut là, âgé de 25 ans.

 


Jacques Mercier

Jaques Mercier

Le jeune Mercier dont la famille était venue de Saint-Claude, avait fait son apprentissage de passementier chez André Eschernier, au Grand-Mézel. Après les quatre ans de formation, il demeura encore trois ans chez son maître comme compagnon.

Eschernier, lorsque Jacques s'établit à son compte à la Taconnerie, lui décerna un excellent certificat : pas une seule absence durant tout ce temps. Le maître était "bien content et satisfait" de son élève. Il faut dire qu'Eschernier était récemment devenu le beau-frère de Mercier, ayant épousé Jeanne, sa soeur aînée.

Quant à la femme de Jacques, c'était une bourgeoise, fille de marchand, Marie Marcet. Elle lui avait donné quatre fils dont la descendance se retrouve jusqu'au XVIIIe siècle au Grand-Mézel.

Jacques Mercier, la nuit de l'Escalade, fut victime d'une incompréhensible distraction. Sentinelle à la Corraterie, il semble n'avoir pas entendu approcher l'ennemi, malgré les pierres lancées dans sa direction par un compagnon, pour l'avertir. II fut mortellement blessé et expira à l'aube chez son ancien maître au Grand-Mézel, où il avait été transporte. Il n'avait que 30 ans.

 


Philippe Poteau

Philippe Poteau

Sucrier et maître-confiseur, issu d'une famille venue des Flandres, Philippe Poteau avait épousé Louise Nicod, fille d'armurier. Ils avaient une fille. Un fils devait naître après la mort du père. L'enfant reçut gratuitement la bourgeoisie. Philippe Poteau avait 35 ans lorsqu'il fut tué sous l'arcade de la Monnaie.

 


Martin Debolo

Martin de Bolo

Venu d'un petit village près de Cruseilles, Martin Debolo avait choisi le métier des armes et s'était établi à Genève, peut-être en conservant son métier d'imprimeur, pour s'occuper dans les trop rares périodes paisibles.

Mousquetaire dans la compagnie Vauclère, Martin Debolo fut promu sergent deux ans plus tard, et ne dépassa pas ce grade. On ne le cite guère dans les combats, dont nous possédons pourtant des récits détaillés. Il devait faire honnêtement son devoir, sans plus.

Il épousa Pernette Patry, veuve d'un notaire ducal de Lancy, Daniel Levrat. Elle ne mit au monde qu'une fillette malingre qui ne survécut pas. La pauvre Pernette devait être veuve une seconde fois la nuit de l'Escalade : Martin, âgé de 35 ans, fut tué près de la Porte Neuve.

 


Jacques Petit

Jaques Petit

Il habitait une des pittoresques maisons "aguillées" sur le pont du Rhône et pratiquait le curieux métier de chalemardier. C'est à-dire qu'il fabriquait des cors, cornettes, fifres, pipeaux et autres trompettes. Jacques avait épousé Pernette Jarcelat, qui lui donna trois enfants.

Il avait servi dans les arquebusiers, compagnies de Boisjoli, d'Aubert et de Gal. Agé de 41 ans, il tomba à la Corraterfie la nuit de l'Escalade.

 


François Bousezel

francois bousezel

De haute taille, ses amis l'appelaient le "Grand-François", il vivait du commerce. Un commerce parfois audacieux qui lui valait quelques tapes sur les doigts. Et de bons bénéfices. François Bousezel avait commencé par vendre des draps de soie. Puis il fit un peu de trafic avec du bétail. Le Conseil le gronda.

Mais ce même Conseil sut aussi reconnaître qu'il était malin. Et l'employa pour aller lever les impôts dans le Faucigny, ce dont il s'acquitta fort bien. Si bien même qu'il put bientôt s'acheter quelques terres au pied des Voirons.

II épousa Marie Bioley, fille d'un maître barbier, qui lui apporta en dot la maison à l'enseigne de la Coquille au Bourg-de-Four (actuellement le numéro 21) et lui donna 6 enfants. La fabrication du velours, qui se vendait bien, occupa alors le couple, qui vécut dans l'aisance.

Mousquetaire, François Bousezel répondit immédiatement à l'alarme de la nuit du 11 au 12 décembre et fut tué avant l'aube entre les murailles et les jardins, sous la Tertasse, lieu où le combat avait été le plus violent.

 


Girard Muzy

Girard Muzy

Girard avait épousé la fille du guet, Jeanne Sylvestre, qui lui apporta en dot un coin de terre aux Arenières, en Plainpalais. Juste avant son mariage, il avait été interdit de séjour en ville pour avoir "récidivé en paillardise".

Il était poursuivi par Françoise Olard, qui lui apportait jusque dans sa chambre de la viande, des pommes et autres choses. Et à qui il avait -presque- promis le mariage.

Girard Muzy avait 25 ans lorsqu'il fut blessé lors des combats de l'Escalade. Il mourut après deux semaines de souffrances.

 


Jacques Billon

Jaques Billon

Jacques Billon est un peu notre "soldat inconnu". Jusqu'à présent, on a retrouvé fort peu d'indications sur lui. On sait qu'il venait de Neuchâtel, qu'il fut blessé à l'Escalade et mourut de ses blessures environ un an plus tard.

 
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